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A propos de l'apologie du Travail
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Discours bourgeois
Au plus la société se décompose, au plus elle
nous fait l'apologie du travail par le biais de ses médias
(1). Il n'est, en effet, pas rare de voir les chefs d'Etats, les
syndicalistes,..., consacrer une bonne partie de leur baratin au
travail. Ils nous expliquent que "le travail est nécessaire",
qu'"il faut créer une patrie laborieuse", que "sans
le travail, on ne peut pas vivre", qu'"il faut augmenter
la productivité", "reconstruire le pays, (ou
le rendre plus compétitif...)", etc.
Généralement d'ailleurs, ce sont surtout ceux qui
ne travaillent pas qui tiennent ce genre de discours. D'abord, parce
que les règles sociales proscrivent en principe, de faire
sa propre éloge, ensuite, parce que tenu par le travailleur,
ce discours équivaudrait à vouloir créer, perfectionner
l'instrument de la torture (le travail est une torture!) que lui
impose son propre tortionnaire, et enfin, parce que ce type de discours
correspond à la nécessité pour le Capital de
maintenir les prolétaires en tant que simples ouvriers (2),
subsistant pour travailler, pour cracher de la plus-value, et consacrer
le reste de leur "vie" à reconstituer leur force
de travail... pour continuer à travailler.
Plus encore que celui qui le dit, le discours autour du "vive
le travail" est tenu par le Capital, ce monstre social, véritable
et unique sujet de cette société. En effet, le Capital
n'est pas seulement de la valeur qui se valorise, un rapport social
d'exploitation du travail salarié: en tant que valeur en
procès, il a subsumé l'homme et a fait de lui l'exécutant
de ses intérêts. Le Capital se transforme ainsi en
sujet suprême de la société transformant en
même temps ses exécutants en simples marionnettes (3).
Quand le discours est tenu par un patron, un Gorbatchev, un Georges
Bush, un président d'entreprise ou un dirigeant syndical,
cela correspond entièrement à ses intérêts
et le Capital parle, pour ainsi dire, de sa propre bouche.
"Travaillez", "augmentez votre rythme de travail",
"le travail rend libre" (4), "vive les héros
du travail",... sont des mots d'ordre qui ne constituent ni
plus ni moins que l'intérêt réel, intégral
de la classe sociale qui vit de l'extorsion de la plus-value et
qui s'est organisée en Etat "national", "socialiste",
"populaire",... Sa participation à la plus-value
est en rapport direct avec son habileté dans la gestion du
Capital, ou ce qui revient au même, avec sa capacité
de contrôle de la classe ouvrière, car en dernière
instance, les meilleurs capitalistes sont ceux qui assurent le mieux
la reproduction du travail salarié. Les propriétaires
réels des forces productives (la bourgeoisie), décident
économiquement de leur utilisation, et parmi eux, les plus
capables sont ceux qui réussissent à faire en sorte
que l'esclave salarié se sente content de son esclavage.
L'idiot utile
Par contre, lorsque ce discours est tenu par un esclave salarié,
un travailleur, certains prétendent qu'il ne s'agit pas de
la même chose, que la réalité est différente.
Rien n'est plus faux. Quand c'est un travailleur pauvre et misérable
qui adresse des vivats au travail, ce n'est rien de plus qu'un pauvre
et misérable travailleur qui trahit sa classe, qui renonce
à ses intérêts immédiats et historiques
de classe et qui, par conséquent se trouve être incapable
de se constituer en classe prolétarienne contre le Capital.
C'est à proprement parler un idiot (5) utile qui continue
à maintenir et développer le travail, et quelles que
soient ses intentions, il contribue objectivement à développer
et intensifier l'exploitation même de l'ensemble du prolétariat.
Que celui qui vante le travail soit un ouvrier est d'autant plus
important pour le Capital car celui-ci est plus utile encore, comme
idiot, pour convaincre les autres ouvriers à se résigner
au travail et à l'exploitation. Du point de vue de la lutte
de classe, sa position est sans équivoque du côté
du Capital, car en agissant objectivement pour augmenter le rapport
entre la plus-value et le capital variable (et en se situant par
conséquent contre les intérêts immédiats
de la classe ouvrière en lutte contre le taux d'exploitation),
simultanément (6), il agit en défendant globalement
le travail aliéné, véritable fondement de cette
société d'exploitation de l'homme par l'homme; il
se place ainsi contre les intérêts historiques du prolétariat.
Ce discours reste au fond un discours essentiellement bourgeois,
non seulement parce qu'il sert le Capital, mais en plus parce qu'il
est tenu par le Capital, et cela malgré qu'il le soit par
l'intermédiaire d'une autre voix.
En effet, c'est le Capital lui-même qui dans son propre procès
d'industrialisation mondiale, de procréation de la richesse
et de la misère qui le caractérise, développe
chaque fois plus les techniques pour faire travailler ses esclaves,
pour que ceux-ci augmentent leur rendement, pour qu'ils laissent
leur vie dans les choses qui en dernière instance sont leur
non-propriété, un monde aliéné de choses
qui s'oppose à eux, les exploite et les opprime.
Nouvelles méthodes, nouvelles machines, musique fonctionnelle,
ascension dans le parti, discours syndicalistes et politiques, contrôle
des temps et mouvements, promotion dans le syndicat, "vive
le travail" (même affirmé par les travailleurs
eux-mêmes!),... signifient: tout pour exploiter plus et mieux.
C'est le Capital lui-même qui s'est perfectionné et
qui a perfectionné ses méthodes d'intensification
de l'exploitation. Pour cela rien de plus utile qu'un travailleur
qui lance: "travaillez!". En cela, celui-ci ne se révèle
rien de plus qu'un cheval de trait, qu'une bête de somme dépensant
une énergie brute, générale, indifférente,
abstraite pour la transformer en puissance oppressive, c'est-à-dire
en capital exigeant à nouveau du sang frais de cette même
bête de somme pour qu'il se change en capital. Processus qui
nécessite encore plus de travail, plus de dépense
musculaire, de bras, de corps. Ce nouveau capital exige à
son tour de sucer la vie pour être toujours plus capital,
en intensifiant l'effort de ses propres pantins. Ainsi, il est impossible
de renouveler sans cesse le capital, sans nécessairement
tuer les prolétaires au travail. Le Capital ne peut exister
et perdurer qu'en se transformant toujours plus en capital. Comme
reproduction élargie de l'exploitation du travail, il est
impérieux pour le Capital, pour son essence de travail mort,
de tuer le travail vivant pour être plus capital. C'est ce
qui le fait se mouvoir. Pour cela, il doit amasser les cadavres,
les montagnes d'objets, qui n'ont d'autre utilité que la
destruction. Ce qui, finalement, n'est jamais qu'une double manière
d'accumuler le travail mort. Le Capital ne peut faire autre chose
que devenir plus de capital en se servant du travail, en l'accumulant
comme travail mort, et, notamment, en se servant des idiots utiles
qui l'adulent en criant "vive le travail"... Ce cycle
infernal ne peut avoir comme fin que la dictature contre le Capital
et la société d'esclavage salarié.
Lutte contre le travail
Depuis les temps immémoriaux les exploités, qui furent
soumis par la violence au travail, se soulevèrent contre
lui et contre toutes ses conditions de réalisation. Personne
dans l'histoire ne travaille parce qu'il le veut, mais parce qu'il
y est obligé; que ce soit par le fouet, la religion, le sang
et le feu et/ou parce qu'il est séparé violemment
de la propriété de ses moyens de vie (ce qui au fond
revient au même). Les esclaves, les serfs, les indigènes
soumis aux "découvertes", les prolétaires
modernes,... tous les exploités ont lutté inlassablement
contre le travail. Rébellions, évasions, insurrections
partielles ou générales ont toujours eu comme causes
étroitement liées:
· la lutte pour améliorer la qualité de
ses moyens de vie, et pour l'appropriation d'une part moins misérable
du produit social,
· la lutte contre les rythmes de travail, contre l'intensité
du travail,
· la lutte contre l'extension de la journée de travail,
et pour sa réduction,
· la lutte contre l'exploitation pour constituer un autre
type de société.
Tout peut se résumer à la lutte pour mieux vivre,
ou simplement, à la lutte pour la vie humaine. Une lutte
contre ces sociétés qui avaient imposé la torture,
le travail, une lutte pour travailler le moins possible (tant extensivement
qu'intensivement), une lutte pour s'approprier la plus grande quantité
possible du produit social.
Avec la formation et le développement du prolétariat
et de son Parti historique (7), ces revendications ne sont pas abandonnées,
mais se développent et se précisent. Le communisme,
en tant que mouvement du prolétariat organisé, lutte
pour la réduction générale du travail à
son expression minimale (tant en intensité qu'en extension),
et pour l'appropriation du produit social par le prolétariat.
Mais il déclare ouvertement que ces revendications ne peuvent
être réellement et intégralement réalisées
qu'avec la dictature révolutionnaire du prolétariat,
laquelle dirigera le monde contre toutes les normes actuelles (dictature
contre la valeur d'échange), et en fonction des nécessités
de l'humanité en formation. Contre tous les socialismes bourgeois
qui prétendent que le travail est inhérent à
l'être humain, et qui conçoivent le socialisme comme
un simple procès de distribution des biens pris aux "riches",
pour les répartir entre les "pauvres", le communisme
érige la nécessité non seulement de révolutionner
la distribution (qui en dernière instance n'est qu'une conséquence
indissociablement unie à la production), mais aussi de détruire
les fondements même du mode de production. En cela, il révolutionne
fondamentalement l'objectif même de la production, pour que
celle-ci ne se décide pas en fonction du taux de profit,
mais pour améliorer la vie, pour alléger le travail,
et ainsi travailler moins; ce qui implique à la fois la liquidation
tant de l'argent, que du mercantilisme, ou du travail salarié.
Seule cette destruction peut créer les bases pour que le
travail cesse d'être du travail, pour que l'activité
productive en général soit réintégrée
à la vie-même de l'homme.
Le développement du capitalisme, c'est le développement
simultané et contradictoire de la bourgeoisie et de la contre-révolution,
d'un côté, et du prolétariat et de son programme,
de l'autre. La lutte contre le travail, pour l'appropriation du
produit social, pour la révolution est générée
par le Capital, lequel génère en même temps
le développement et la fortification de la réaction.
Toute réduction du temps de travail est chaque fois compensée
par les augmentations de la productivité du travail et par
sa plus grande intensité: de la manufacture à l'usine
et de celle-ci à la production en chaîne, le taylorisme,...
jusqu'aux "nouvelles méthodes d'administration du travail".
Parallèlement et en parfaite concordance avec ce procès,
se développent les partis social-démocrates, les partis
du travail, du syndicalisme bourgeois, le travaillisme et plus récemment
le stalinisme, le national-socialisme, le populisme (dans toutes
ses variantes, y compris le péronisme, le castrisme...);
c'est-à-dire l'ensemble des forces et partis bourgeois, qui
pour encadrer les travailleurs et les mettre à leur service
prennent comme centre idéologique de leurs campagnes: l'apologie
du travail.
Le développement des partis du travail
Dès la moitié du siècle dernier, l'apologie
bourgeoise du travail se constitue en parti. Jusque là, les
partis bourgeois pour les travailleurs se nommaient seulement "populaires".
Mais à partir de là, les courants bourgeois particulièrement
aptes à encadrer les travailleurs vont prendre pour nom:
"partis socialistes", "partis des travailleurs",
"partis social-démocrates", "partis ouvriers",
"partis du travail"...
Le parti de Lassalle, la social-démocratie allemande, et
plus tard la social-démocratie internationale, seront les
exemples types des partis bourgeois (par leur programme, leur vie,
leur action...) à composition majoritairement ouvrière,
qui feront de l'apologie du travail et des travailleurs le point
fondamental de leur programme. L'idéologie bourgeoise du
travail, comme source de toute richesse (8), est le centre de la
théorie et l'objectif du parti et du socialisme; "l'émancipation
du travail" y est revendiquée comme mot d'ordre, et
est toujours accompagné d'autres consignes telles celle de
"la constitution d'un Etat populaire et libre" (9). Et
de la même manière que plus l'Etat se libère,
plus il opprime la société civile, l'émancipation
du travail ne peut être autre chose que la fortification du
capitalisme (10).
Après la mort de Marx, la social-démocratie sans changer
fondamentalement son programme lassallien d'apologie du travail,
cherchera à se faire "marxiste". Elle supprimera,
falsifiera, tout ce qu'il y a de révolutionnaire et de subversif
dans l'oeuvre de Marx, créant ainsi ce qui s'appellera (et
continue de s'appeler aujourd'hui) "marxisme": c'est-à-dire
la plus répugnante apologie du travail et des travailleurs
qui existe.
Peu à peu, ce qui dans l'oeuvre de Marx est considéré
comme une calamité, l'être travailleur, le travail,
et qui y est dénoncé comme le summum de la bestialisation,
de l'inhumanité, de la bassesse... en est venu à être
pour les "marxistes" du monde entier une nécessité,
un honneur... et c'est au nom des travailleurs, que ces partis du
travail en feront la propagande comme synonyme de la réalisation
de l'homme ("le travail libère l'homme"). D'ici
aux camps de travail de Staline et d'Hitler, il n'y a plus qu'un
pas!
Et ce pas sera allègrement franchi avec la défaite
de la révolution internationale de 17-23. Dans la Russie-même,
au même rythme auquel s'impose la contre-révolution
par la liquidation du prolétariat révolutionnaire
et de son avant-garde communiste, se consolide une véritable
armée du travail. Sur base de la théorie social-démocrate
défendue par Lénine et selon laquelle le développement
du capitalisme est une avancée réelle jusqu'à
la révolution, tout est subordonné à la production
capitaliste, au travail salarié, avec les rythmes qui leur
sont propres. Mais comme l'Etat National Capitaliste exige d'être
compétitif, il est nécessaire d'appliquer les méthodes
plus modernes d'exploitation du travailleur. Le taylorisme (11),
que le Lénine d'avant l'insurrection dénonçait
comme "l'esclavage de l'homme par la machine", en arrive
à être considéré par Lénine administrateur
du Capital et de l'Etat, comme une panacée; par conséquent,
prisonnier de l'idéologie social-démocrate, il considère
l'augmentation de l'intensité du travail, non comme l'acte
le plus anticommuniste qui puisse se concevoir, mais comme un terrain
neutre qui selon lui peut aussi bien servir le socialisme que le
capitalisme (12)!
Cette oeuvre de soumission au travail à un rythme forcé,
qui en Russie atteignit des niveaux paranoïaques, fut dirigé
par ces grands chefs du bolchevisme que sont Lénine, Zinoviev,
Trotsky, Staline,..., lesquels se montrèrent alors les plus
sanguinaires dans l'application de ces nouveaux rythmes et méthodes
que le capitalisme nécessitait pour sa réorganisation
en Russie: Zinoviev se convertit en chien sanglant de Petrograd,
organisant la répression ouverte de toute lutte contre le
travail et l'Etat; Trotsky fut le porte-drapeau de la militarisation
du travail, de la création de camps de travail forcé
et fut le chef des corps répressifs dans les moments décisifs...;
enfin Staline (qui plus tard sera accusé de tout!) portera
cette oeuvre à son point culminant avec les camps de travail.
Camps par lesquels passèrent plus de 15.000.000 de travailleurs.
Et, pour représenter la direction d'une société
dans laquelle le Capital liquide jusqu'à l'extrême
toute forme de lutte contre l'exploitation, "travailler",
et surtout "travailler à un rythme exemplaire",
se transforme pour la première fois (en même temps
qu'en Allemagne, en Italie, etc.), lié en cela à la
propre figure de Staline, en une idole, un Dieu, une bête
sacrée et intouchable: c'est le règne funeste des
Stakhanovs (13).
Stalinisme, nazisme, castrisme
Le capitalisme et son opinion publique dissimulent les contradictions
décisives (communisme-capitalisme) et nous présentent,
à la place, un ensemble de fausses contradictions (tel par
exemple "fascisme-antifascisme"), ce que nous dénonçons
régulièrement. Et bien que dans la guerre capitaliste
impérialiste, les diverses bourgeoisies assument différents
drapeaux et réalisent effectivement la guerre (car celle-ci
n'est guère plus que le prolongement de la concurrence),
leur programme est essentiellement le même. Le fascisme et
l'antifascisme représentent le même type de société:
le capitalisme, ou plus précisément le capitalisme
se reformant après la vague révolutionnaire la plus
importante de l'histoire du prolétariat, et qui imposera
la plus grande et impressionnante contre-révolution, dont
nous subissons encore aujourd'hui la réalité.
En tant que socialisme national, le régime de Staline, contrairement
à ce que l'on veut nous faire croire, a exactement le même
programme et effectue à la base les mêmes réalisations
que le national-socialisme de son ancien allié Hitler. Et
cela non pas en fonction du fait qu'ils aient pu ou non coïncider
selon les époques, sur le plan de la politique nationale
ou internationale, mais surtout fondamentalement parce qu'ils ont
basé la gestion de la société sur un projet
national de socialisme. L'idéologie centrale se trouve être
le travail, dans un parti du travail. Il est évident qu'il
y a des nuances dans les discours, et si Hitler base son ascension
sur la défense d'un socialisme qui lutte "contre le
capital financier et usurier international (14), contre le gouvernement,
la ploutocratie et pour un véritable socialisme de la nation
allemande", Staline préféra dire que son socialisme
(dans un pays) luttait contre les "pays capitalistes"
et pour les "démocraties populaires"; mais dans
les deux cas, tant Staline qu'Hitler concentrent leur programme
sur un gigantesque effort laborieux, sur la grande industrie, et
plus particulièrement sur l'infrastructure des communications
et de l'énergétique et sur les constructions "pour
le peuple travailleur". Au centre de chacun des régimes
se trouvent les Services du Travail, les camps de travail, l'apologie
du travail et l'obligation du travail présenté comme
un honneur:
"Le service obligatoire du travail doit être un honneur
pour la jeunesse et un service proposé au peuple. Il ne doit
pas procurer de la main-d'oeuvre économique à l'industrie
privée ni se convertir en une entreprise concurrente à
l'Etat. Il doit procurer une armée de travailleurs pour mener
à bien les travaux publics aux fins économiques, culturelles,
et de plus, de politique nationale." (15)
Aujourd'hui, face à une situation dans laquelle tous les
régimes du monde appellent, "au nom des travailleurs",
à travailler plus en mangeant moins, (surtout dans les endroits
où l'on trouve à la direction de l'Etat un parti de
socialisme national, un parti du travail (16), comme par exemple
à Cuba), il est très important de mettre en évidence
que cette politique n'a au fond rien d'original par rapport à
leurs prédécesseurs que sont stalinisme et nazisme.
C'est pourquoi il faut surtout insister sur ce dernier, sans aucun
doute beaucoup moins connu que les autres. Le nazisme n'est pas
un exemple parmi d'autres de parti du travail, il est sans doute
le plus perfectionné du genre, que ses successeurs honteux
(car ils ne peuvent le reconnaître) ne font guère plus
qu'imiter (qu'ils le sachent ou non).
En réalité, il n'y a aucune originalité dans
les discours et les réalisations d'un Fidel Castro. Même
pas quand celui-ci prétend que son parti représente
la lutte des producteurs manuels et intellectuels contre la bourgeoisie,
ou qu'avec l'accès au pouvoir des travailleurs (représentés
évidemment par le parti socialiste), ceux-ci conquièrent
la possibilité d'administrer les affaires de l'Etat.
"La bourgeoisie politique est expulsée de la scène
politique et à sa place nous voyons s'avancer les producteurs
manuels et intellectuels, les forces de travail qui vont entreprendre
leur mission historique. Il ne s'agit pas simplement d'une question
d'heures de travail et de salaires, bien que ces revendications
soient essentielles et représentent chaque fois la plus importante
des manifestations de la volonté socialiste, mais que ce
qui importe le plus c'est l'intégration d'un corps social
puissant et responsable dans l'administration des affaires de l'Etat
et peut-être même la prise en charge du rôle principal
dans l'avenir politique de notre patrie."
Ce n'est pas un discours de Fidel Castro, mais bien celui
du célèbre nazi Goebbels, lequel avec autant
de cynisme que l'autre n'a pas peur d'ajouter:
"Nous ne sommes pas une oeuvre de charité, mais un
parti socialiste de révolutionnaires." (17)
Dans ce qui suit, nous nous référons presque exclusivement
aux nazis. Rendre à chaque fois le parallélisme explicite
avec des citations et des références aux "réalisations"
des socialistes n'est pas nécessaire, chaque lecteur retrouvera
dans son entourage, ces socialistes et castristes qui par malheur
s'efforcent depuis cinq décades d'imiter les nazis.
Toute la propagande du régime nazi se basait sur les bénéfices
qu'aurait obtenu selon eux le peuple travailleur avec ce régime.
Elle insistait avant tout sur l'élimination complète
du chômage qui s'opposerait à la "décadence
du capitalisme corrompu". Quand la France fut occupée,
on était déjà passé d'un chômage
de plus de 6 millions de personnes au recrutement systématique
de travailleurs "volontaires" hors d'Allemagne pour pallier
la pénurie de force de travail. En réalité,
cette prétendue "élimination du chômage",
ne fut ni plus ni moins que l'obligation pour les chômeurs
de travailler, situation générale dans le monde qui
fut appliquée avec des succès divers par tout le Capital,
de Staline à Roosevelt. Ce fut la reconnaissance généralisée
de la nécessité de recourir à la politique
des dépenses publiques (théorisée plus tard
par Keynes), des grands travaux, de la militarisation exacerbée
de l'économie, jusqu'à la guerre impérialiste.
Pour le travailleur allemand, comme pour n'importe quel autre travailleur
à qui est imposé le travail capitaliste, quand le
capitalisme ne peut offrir que du chômage, c'est alors du
travail mal payé, régimenté, militarisé
qui le conduit à la guerre et à la mort. Mais à
l'époque les choses étaient présentées
différemment, les pauvres types qui allaient dans les camps
(18), racontaient qu'ils partaient, contents d'échapper au
chômage et à la décadence, pour aller "travailler"!
Les nazis basaient leurs campagnes sur les réalisations "concrètes",
sur les constructions pour ouvriers, sur les maisons et lieux de
tourisme pour travailleurs, sur la liquidation de l'analphabétisme
et les campagnes d'éducation populaire, etc., et que de nombreux
socialistes latino-américains, ou d'ailleurs, se soient appropriés
ces tâches en tant que programme pour le socialisme, ne fait
que montrer les choses telles qu'elles sont! Ainsi, le programme
du Parti National Socialiste désirait-il "donner une
patrie au travailleur allemand, construire des logements salubres
avec de la lumière, de l'air, du soleil pour la jeunesse
vigoureuse" (19), et le "Gramma" ou le "Barricada"
(20) de l'époque, qui s'appelait "Völkische Beobachter",
d'apporter les éléments "concrets" (21)
de réalisations de maisons, constructions de "quartiers
ouvriers modernes", de "nouvelles installations dans les
quartiers de travailleurs", etc. Dans sa rubrique permanente
intitulée "Le socialisme dans les actes", ce journal
présentait la purée démagogique classique des
idiots utiles au service de l'Etat. David Schoenbaum exemplifie
ainsi le contenu de cette rubrique (22):
"(on) racontait que les employés d'une usine textile
du sud de l'Allemagne avaient été volontaires pour
faire des heures supplémentaires et verser le produit de
leur travail à une caisse d'aide aux accidentés du
travail fondée par les nazis,... que les paysans avaient
offert au Bureau d'aide sociale des Jeunesses Hitlériennes
des possibilités d'hébergement de vacances pour cinquante
mille enfants et que le groupement des femmes national-socialistes
de Mannheim en avaient fourni sept cent de plus... que les employés
municipaux de Dresde avaient créé un fonds pour le
financement d'une escadrille de cinq avions destinés au gouverneur
de Saxe pour pallier aux difficultés financières des
S.A. et des S.S. (...) enfin, qu'ils avaient donné 1% de
leur salaire pour le soutien de l'effort national (Fürderung
der nationalen Arbeit)... Dans la même série, on trouvait,
entre autres histoires modèles, la réalisation de
logements de banlieue, le partage d'une fraction des bénéfices
de la Preussisen Zeitung d'Erich Kohl entre ses employés...
Pour les fêtes de Noël, des fonctionnaires du parti dressèrent
des tables dans les quartiers populaires du nord de Berlin pour
distribuer des cadeaux à toute la population y compris les
anciens communistes (!!! NDLR). Ce qui conduira Scheumburg Lippe,
adjoint de Goebbels à déclarer: "Voilà
le socialisme que je cherchais (non, contrairement aux apparences
ce n'est pas Fidel Castro qui fait ces déclarations -NDLR)
et c'est un honneur pour moi que de l'avoir servi de toutes les
fibres de mon être."(23)
De la même manière, sous le nazisme, les campagnes
pour la culture populaire furent intensifiées, tout le système
d'enseignement fut modifié et modernisé. L'accès
à l'éducation fut généralisé
et présenté, comme dans d'autres cas, en tant que
synonyme de la libération humaine et du Socialisme. De fait,
il s'agissait de réorganiser les forces de travail pour qu'elles
servent mieux le capitalisme, pour que tous puissent recevoir "la
culture" (24); il s'agissait de promouvoir les carrières
techniques et professionnelles; et il s'agissait surtout d'un profond
lavage de cerveau pour subordonner plus intensément encore,
le travailleur en tant qu'idiot utile à l'Etat national et
à ses intérêts. Ceux qui furent reçus
et obtinrent des diplômes, ceux qui démontrèrent
par leur empressement être les vassaux les plus serviles,
furent traités en héros:
"Les lauréats étaient considérés
comme les champions des jeux olympiques ou comme des grands acteurs
de cinéma, ils étaient conduits en grande pompe à
Berlin et photographiés aux côtés de Ley et
de Hitler en personne."(25)
Il est évident que cette "promotion sociale" s'accompagnait
d'un battage publicitaire intensif. Dans la presse, abondaient les
exemples de travailleurs qui, le jour avant, ne savaient pas où
se coucher, ou encore de "paysans" licenciés qui
n'avaient rien. Il n'est pas besoin d'insister sur la théâtralisation
des situations personnelles que la presse décrivait "avant"
et "après" avoir "triomphé". Schoenbaum
commente:
"Etant donné que la moitié des lauréats
provenait des familles de salariés et que 80% de ceux-ci
n'avaient pas atteint le niveau de l'enseignement secondaire, le
régime réussit, du moins par ces moyens, à
faire sur le plan de la propagande une glorification spectaculaire
de ses classes laborieuses." (26)
Comme tout cynique socialiste dans le gouvernement d'un Etat capitaliste,
Hitler se présentait comme l'exemple du travailleur. Il se
faisait photographier accomplissant le "travail volontaire",
en étant le "numéro 1 dans les camps de travail".
Ici non plus les barbus coupant la canne à sucre n'ont rien
d'original. Les tracts que distribue la CEDADE aujourd'hui, reproduisent
d'un côté les masses de travailleurs musclés
marchant résolument avec leurs pelles et autres instruments
de travail et de l'autre, Hitler lui-même entouré de
militaires, donnant l'exemple du travail pelle à la main,
bêchant la terre, et accompagnant tout cela de quelques strophes
de la chanson du Front du Travail, "nos pelles sont des armes
de paix..." (27)
Toute cette "glorification indifférenciée du
"travailleur" reposait sur une invocation incessante de
la mobilité sociale, mettant agressivement l'accent sur l'égalisation
sociale" (28). Comme dans tous les autres domaines, l'exemple
de Hitler en personne était avancé. Comme tout régime
de travail, il n'y a rien de meilleur que démontrer que son
meilleur représentant est un travailleur qui vient de la
"classe laborieuse". Et ici Hitler gagnait tous les prix
(29). Dans le parti national-socialiste était récité
un véritable catéchisme qui disait ainsi: "quelles
professions a exercé Adolf Hitler?" Réponse:
"Adolf Hitler a été ouvrier du bâtiment,
artiste et étudiant". Et chaque fois qu'il le pouvait
(et que l'auditoire le lui demandait!), Hitler rappelait sa qualité
"d'ouvrier exemplaire et persévérant":
"Moi aussi dans ma jeunesse, j'ai été ouvrier,
et petit à petit je me suis hissé au sommet à
force de travail, d'étude et aussi, je crois pouvoir le dire,
de faim."(30)
La véritable transformation du 1er mai, qui avait surgi
comme symbole de la lutte contre le Capital, en jour de travail,
en jour de fête, fut naturellement l'oeuvre des nazis. Ici,
comme sur d'autres points, Hitler a réalisé le programme
que les socialistes bourgeois, les social-démocrates avaient
toujours promis (31) et les grands défilés et fêtes
que nous trouvons aujourd'hui de toutes parts pour célébrer
la répugnante servilité des travailleurs envers
l'Etat national (l'antagonisme même des héros révolutionnaires
de Chicago (32)), ne peuvent absolument pas être considérés
comme l'invention de Staline, Mao, Peron ou Fidel Castro, mais
bien comme l'oeuvre d'Hitler.
Les mots d'ordre centraux du régime étaient sans
conteste: "Arbeit adelt" ("le travail anoblit")
et "Arbeit macht frei" ("le travail rend libre",
"l'homme s'émancipe en travaillant"). Et pour comble,
sur les grilles du plus grand camp de concentration, Auschwitz,
figurait en lettres géantes: "ARBEIT MACHT FREI"
(33). Ce n'est pas que de l'humour noir, mais la croyance réelle
d'un système pourri, le capitalisme en décomposition,
d'un système qui conduit l'homme à sa perte extrême,
au sacrifice total de sa vie sur l'autel du Dieu Travail, à
la mort.
"... le 3ème Reich proposait une idéologie du
travail, faisant appel simultanément et en proportions égales
à la fierté, au patriotisme, à l'idéalisme...
L'élément central du système était une
éthique du travail reposant, non pas tant sur les travailleurs,
que sur le travail lui-même... L'un des motifs préférés
de l'art officiel était celui que l'on retrouvait dans la
gigantesque sculpture de José Thorak pour un monument d'autoroute
avec, en guise de Sisyphe, trois colosses musclés soulevant
un énorme rocher. Les plus grandes entreprises édifièrent
même des chapelles dont la travée centrale aboutissait
à un buste d'Hitler, placé sous l'emblème du
Front du Travail, flanqué de personnages prolétariens
de dimension héroïque: c'étaient de véritables
petits temples au Dieu national-socialiste du Travail." (34)
C'est dire que, comme pour Staline, ou tant d'autres de ses successeurs
actuels, le héros travailleur n'est pas celui qui lutte contre
sa propre condition, qui conspire et qui, comme tel, existe tel
qu'il s'est toujours présenté dans l'histoire, grand
ou petit, avec des lunettes ou sans, femme ou homme, en bleu de
travail ou en cravate, immigrant ou "national", vieux
ou jeune, rachitique ou gros,... mais c'est la bête laborieuse,
celui qui soutient avec la force de ses bras tout le régime,
le baraqué, exactement le même personnage que mettent
à la mode tous les régimes de travail forcé
(macho, jeune, fort, national, nationaliste, travailleur (35)).
La publicité délivre également partout dans
le monde ce même type d'archétype de l'ouvrier beau,
jeune, pétant de santé et costaud.
Comme il n'y a pas d'autre manière pour maintenir les rythmes
les plus élevés dans l'intensité du travail
et par conséquent d'exploitation, l'idéalisation du
travail devait s'accompagner de certaines miettes et d'une organisation
du temps libre de sorte que les travailleurs se trouvent toujours
dans de bonnes conditions pour recommencer à travailler avec
courage. En cela les nazis furent aussi les maîtres de tous
les socialistes travaillistes, y compris Staline. Ils créeront
une organisation spéciale "Kraft durch Freude"
connue comme KdF c'est-à-dire la "Force par la Joie",
par la détente. Cette organisation qui était financée
avec les fonds des syndicats dissous, eut indéniablement
un succès retentissant dans l'encadrement des travailleurs.
Son programme d'activité était très large:
représentations théâtrales, conférences,
réunions culturelles, associations sportives subventionnées,
concerts, clubs de danses folkloriques et modernes, cours pour adultes,
expositions d'art, ciné-clubs, etc.
Hitler pouvait se vanter de maintenir tous les mythes qui permirent
une importante augmentation de l'exploitation dans son socialisme
nationaliste:
"le peuple travaille avec décision et allégresse
et il sait qu'il ne s'engage pas dans une lutte pour le capital
de quelques égoïstes, mais pour le bien-être de
la collectivité."(36)
Le plus grand succès de la KdF était son organisation
de tourisme pour les travailleurs. Ici aussi tous les travailleurs
et socialistes patriotes postérieurs ne sont guère
que de vulgaires imitateurs. La KdF parvint à organiser le
temps libre de millions de travailleurs en les envoyant en vacances
organisées (il n'y a pas besoin de beaucoup d'imagination
pour se faire une idée de celles-ci!) et en portant le secteur
du tourisme, grâce au tourisme subventionné, vers une
expansion sans précédant dans le monde. Son expansion,
provoquée par les nécessités du capital industriel,
se répercutait favorablement dans l'industrie étant
donné que la KdF impulsera l'industrie des transports, à
travers la construction de deux énormes paquebots et le développement
de l'industrie automobile, appelée KdFwagen et plus tard
Volkswagen. Comme on le sait tout cela servait directement à
la préparation de la guerre et plus tard à la guerre
elle-même (37).
A travers la promesse de popularisation des autos (qui en grande
partie ne cesse pas d'être nominale) et surtout du tourisme,
qui à l'époque étaient considérés
comme les symboles de la richesse, comme les possibilités
exclusives de la bourgeoisie, le nazisme sema l'illusion de la disparition
des classes. Ce mensonge énorme et absurde que tous les grands
représentants du régime se chargeaient de propager
était cependant profondément enraciné dans
la société allemande. A propos du tourisme, R. Ley
déclarait:
"Le travailleur comprend parfaitement que nous voulons vraiment
élever sa position dans l'échelle sociale. Il voit
bien que ce ne sont pas les classes prétendument cultivées
que nous envoyons représenter la nouvelle Allemagne à
l'étranger, mais bien le travailleur allemand lui-même,
dont nous faisons notre messager dans le monde entier."
Et à la Conférence Internationale sur la politique
des loisirs et des temps libres (38), Ley déclarait officiellement:
"Il n'y a plus de classes en Allemagne. Dans les années
à venir l'ouvrier perdra les dernières traces des
complexes d'infériorité que peut lui avoir laissé
le passé." (39)
Mais comme dans n'importe quel autre régime socialiste patriote
qui cherche la plus grande exploitation et la meilleure chair à
canon pour la guerre impérialiste, les dirigeants ont une
conscience claire de ces objectifs, et il y en a quelques uns qui,
de temps en temps, ont le courage, ou l'inconscience, de les divulguer.
Ainsi Starcke, attaché de presse du Front du Travail déclare
avec la plus grande désinvolture:
"Nous n'envoyons pas nos ouvriers en croisière sur
nos propres bateaux et nous ne construisons pas de grands équipements
de vacances au bord de la mer pour le plaisir, ni pour nous-mêmes,
ni pour tous ceux qui ont la chance d'en profiter. Nous le faisons
parce que nous voulons maintenir en bon état la force de
travail de l'individu pour qu'il reprenne son poste avec des forces
renouvelées."(40)
C'est avec cette perle de sincérité que nous concluerons
le chapitre à propos de l'apologie nazie du travail, apologie
si semblable à celle que tous les socialistes nationaux nous
font. Et puis, le lecteur doit sans doute être suffisamment
écoeuré de cette soupe de travaillisme, de fanatisme
national et socialiste pour le travail. Retournons donc à
notre lutte contre le travail!
Le problème de la conscience ouvrière
dans la lutte contre le travail
Quiconque n'a d'autre chose pour vivre que la vente de sa force
de travail sent, en dépit de tous les discours qu'on lui
tient, qu'il effectue ce travail parce qu'il n'a pas d'autre solution,
que c'est la seule façon pour lui de se procurer ses moyens
de vie, que c'est la seule manière qu'il lui reste de subsister.
Dès lors, il travaille le moins possible et s'il le peut,
il ne travaille pas, ou quand cela se révèle possible,
il travaille en essayant au moins de vivre un peu (si cette vie
atrophiée peut s'appeler "vie"), il s'attarde aux
toilettes, fume une cigarette, "dérègle"
la machine, essaye de communiquer avec un autre travailleur, ralentit
le rythme, essayant toujours -et à l'encontre des faits-
de se comporter comme un homme et non comme une machine, comme s'il
pouvait retrouver une existence humaine en communiquant avec un
autre quand le chef ne le voit pas, durant les pauses du travail,
ou en cachette aux toilettes. L'un s'absente quand c'est possible,
l'autre tombe "malade"; il lui vient subitement un mal
de dents, de tête, ou aux épaules, mal que personne
ne peut vérifier (ce n'est pas toujours une invention, parce
que parfois par dégoût du travail, l'un ou l'autre
finit par se blesser gravement) et tout confirme que ce sont les
lundis matins et les lendemains de vacances pendant lesquels les
travailleurs tombent le plus souvent malade.
L'absentéisme va en se généralisant dans tous
les endroits du monde, les saboteurs de la production sont dénoncés,
répondant comme ils peuvent à toutes les inventions
pour augmenter le rythme de travail; dans toutes les usines et bureaux,
des milliers de contre-inventions se sont développées
pour les contrecarrer...
Ne pas voir dans ces faits apparemment sans lien une lutte obscure,
mais ô combien réelle, entre les deux classes antagoniques
de la société, serait se fermer les yeux; dans chacun
de ces actes s'opposent la lutte contre le travail pour la société
communiste, contre le maintien de l'esclavage salarié.
Tels sont les faits, indiscutables, vivants, qui démontrent
la putréfaction d'une société basée
sur le travail, et la haine qui se concentre contre celle-ci en
chacun de ses esclaves salariés... comme c'est aussi un fait
que la "fainéantise", la "paresse", qui
dans le fond ne sont que de timides tentatives de résistance
humaine et intuitive contre le travail, sont chaque fois plus considérées
comme des délits, pour ne pas encore parler des camps de
travail destinés aux "parasites sociaux" ou aux
"délinquants dangereux", ce qui à Cuba est
par exemple le synonyme de ceux qui sabotent la production.
Cependant, dans la phase actuelle de contre-révolution de
laquelle le prolétariat a beaucoup de mal à se défaire,
ces faits ne sont pas encore assez souvent globalisés. Même
ceux qui font leur possible, qui vivent en escroquant chefs, patrons,
Etat, ne sont pas capables de comprendre la portée révolutionnaire
de leur propre action, et dans certaines circonstances, ces mêmes
types non seulement ne se joignent pas aux revendications ouvrières
et à la lutte, mais même le mot d'ordre révolutionnaire
"contre le travail" leur paraît sans signification
et, quand ils vantent une autre personne, ils ont recours aux slogans
bourgeois du genre "c'est un brave homme, c'est un travailleur",
"c'est un travailleur exemplaire"...
Tous les jours nous rencontrons dans notre vie quotidienne des exemples
pareils, dans lesquels il se trouve des personnes pour se prendre
la tête en clamant qu'il s'agit d'"un mensonge".
L'action contre le travail bien qu'elle soit socialement massive
se fait seule ou avec un petit groupe (41). La conscience des travailleurs
reste en général atrophiée par l'idéologie
bourgeoise du travail, et les acteurs même de la lutte contre
le travail, condamnent cette dernière quand il leur est dit
ouvertement qu'ils se battent d'abord et avant tout contre le travail.
Mais il n'y a pas lieu d'avoir peur de cette situation. Au contraire,
c'est la situation de toujours dans laquelle luttent les communistes,
contre le courant, contre la pensée et la conscience des
majorités, mais pour l'action et les intérêts
de celles-ci, cherchant à rendre conscientes les méthodes
de lutte qui surgissent spontanément. Le plus important,
pour être précisément subversif, c'est de mettre
en évidence que dans ces actes isolés de sabotage
du travail que nous vivons quotidiennement, est enfermée
la puissance révolutionnaire qu'il est nécessaire
de libérer pour faire voler en éclats toute cette
société. C'est pourquoi il est impérieux aujourd'hui,
non seulement de lutter pour travailler moins, mais de crier clairement
"à bas le travail!", "vive la lutte contre
le travail!".
"Vive le prolétariat!"
Nos ennemis, les apologistes du travail, les partis du socialisme
national, surtout quand ils s'auto-proclament marxistes, chantent
les louanges du prolétariat. Ici comme dans d'autres cas,
comme nous l'avons vu dans tout le texte, le prolétaire ne
les intéresse en réalité qu'en tant que travailleur,
et ce qu'ils crient en réalité, c'est: "vive
le prolétariat travaillant", "vivent les
travailleurs disciplinés", "vive le développement
du pays"; et qu'ils le proclament ou non: "vive la
patrie". Cela signifie en outre que les vivats au prolétariat
lancés par la bourgeoisie sont exactement le contraire même
des intérêts élémentaires de la situation
prolétarienne, et traduisent encore plus clairement ce qu'ils
veulent réellement dire: "travaillez plus, serrez-vous
la ceinture, la nation en a besoin". Et Fidel Castro ou
les Sandinistes ne nous démentiront pas, c'est ça
et rien de plus qu'ils mettent dans leurs vivats au prolétariat,
lequel pour eux devrait continuer à exister pour des siècles
et des siècles.
Quand des révolutionnaires disent "vive le prolétariat!",
il ne s'agit pas simplement de quelque chose de différent
mais de l'exact opposé, tant dans ses prémisses que
dans son contenu et ses conséquences! Comme prémisse,
car pour vivre, le prolétariat doit lutter. En effet, si
pour les "marxistes" le prolétariat représente
la somme sociologique des hommes qui travaillent, pour nous le prolétariat
existe dans son affrontement avec la bourgeoisie, et cette opposition
existe dans la lutte générale pour la vie, depuis
la production d'objets matériels jusqu'à l'organisation
en parti et la lutte armée. Comme contenu parce que la vie
du prolétariat ne se trouve pas dans le travail, parce que
le prolétaire vit en reconnaissant, chez lui-même et
ses camarades, des être humains, et il ne peut le faire que
dans la lutte contre le travail. Enfin comme conséquence,
car le prolétariat, contrairement à la bourgeoisie,
n'a pas d'intérêt à prolonger son existence,
mais au contraire, contient son existence comme opposition au Capital.
Son développement, jusqu'à sa transformation en classe
dominante, a pour objectif la suppression de toutes les classes
et par conséquent son auto-suppression.
En résumé, tandis que les vivats adressés au
prolétariat par nos ennemis sont des cris signifiant "vive
la situation actuelle des prolétaires", le "vive
le prolétariat" des communistes signifie: "vive
l'organisation du prolétariat en classe, en classe dominante
pour sa propre suppression, pour liquider totalement la situation
actuelle, pour abolir le travail salarié, pour que l'activité
productive cesse une fois pour toutes d'être du travail et
devienne la vie humaine, pour que l'humanité puisse enfin
commencer sa véritable histoire comme communauté humaine".
"Si, déracinant de son coeur le vice qui la domine
et avilit sa nature, la classe ouvrière se levait dans
sa force terrible, non pour réclamer les Droits de l'homme,
qui ne sont que les droits de l'exploitation capitaliste, non
pour réclamer le Droit au travail qui n'est que le droit
à la misère mais pour forger une loi d'airain, défendant
à tout homme de travailler plus de trois heures par jour,
la Terre, la vieille Terre, frémissant d'allégresse,
sentirait bondir en elle un nouvel univers..."
-P. Lafargue, in "Le droit à la paresse" -1848-
Notes :
1. Ce texte est une traduction d'un texte
écrit en 1982, et publié dans le numéro
12 de notre revue centrale en espagnol
2. "Il va sans dire que le prolétaire, c'est-à-dire
celui qui, sans capital ni rente foncière, vit uniquement
du travail, d'un travail unilatéral et abstrait, n'est
considéré par l'économie politique qu'en
tant qu'il est ouvrier. Elle établit donc en principe
que l'ouvrier, tel un cheval, doit gagner assez pour pouvoir
travailler. Elle ne le considère pas dans le temps où
il ne travaille pas, en tant qu'homme, mais elle en laisse le
soin à la justice criminelle, aux médecins, à
la religion, aux tables statistiques, à la politique
et à la charité publique." (Marx in "Manuscrits
de Paris")
3. "... D'une part, le capitaliste gouverne l'ouvrier au
moyen du capital, et d'autre part, le pouvoir du capital gouverne
le capitaliste lui-même." (Marx)
4. "Arbeit macht frei", voir plus loin.
5. C'est le moment de se rappeler qu'"idiot" vient
du grec et désignait celui qui ne s'occupait pas, ne
connaissait pas, ignorait, se désintéressait des
affaires de la "polis" (cité), c'est-à-dire
de la politique, servant par ce désintérêt
les tyrans. C'est également le cas des ouvriers qui se
désintéressent de la politique de leur classe
et constituent les meilleurs serviteurs des tyrans.
6. D'autre part, nous voyons l'unité indissociable des
intérêts immédiats et historiques de la
classe ouvrière que tout le révisionnisme s'est
acharné à falsifier en les séparant.
7. Formation et développement qui comprend évidemment
tant les points les plus élevés de la constitution
en classe et par conséquent en parti politique (phase
révolutionnaire), que les moments de désorganisation
maximale, de dispersion et d'atomisation (phase contre-révolutionnaire).
8. Critiquant le programme du parti social-démocrate
dans son premier point ("1. Le travail est la somme de
toute richesse et de toute culture..."), Marx dira: "Le
travail n'est pas la source de toute richesse. La nature est
tout autant la source des valeurs d'usage (et c'est bien en
cela que consiste la richesse matérielle!) que le travail,
qui n'est lui-même que la manifestation d'une force matérielle,
de la force de travail humaine. La phrase ci-dessus se trouve
dans tous les abécédaires et elle est correcte
dans la mesure où l'on suppose que le travail opère
avec les objets et les moyens qui s'y rattachent. Toutefois,
un programme socialiste ne saurait permettre à ces phrases
bourgeoises de passer sous silence les conditions qui seules
leur donnent un sens. (...) Les bourgeois ont de bonnes raisons
d'attribuer au travail une puissance de création surnaturelle;
en vérité, c'est précisément le
lien qui unit le travail à la nature qui fait que l'homme
n'ayant d'autre propriété que sa force de travail
doit être dans toutes les sociétés et civilisations
l'esclave des autres hommes qui se sont rendus propriétaires
des conditions matérielles du travail. Il ne peut travailler
qu'avec leur permission, il ne peut donc vivre qu'avec leur
permission." (Marx, Critique du programme de Gotha)
9. Voir la critique de Marx à ce sujet dans "Critique
du programme de Gotha", ainsi que la correspondance de
Marx et Engels à la même époque avec Bebel,
Kautsky, etc.
10. Le Capital, c'est précisément l'émancipation
réalisée du travail, la libération du travail
de son caractère inséparable par rapport à
celui qui l'a produit en tant qu'activité. Si le travail
était seulement une activité productive, il serait
indissociablement lié à cette activité
et pour le dire autrement, partie intégrante et esclave
de l'être du "travailleur". Mais sous le capitalisme
cette émancipation se produit, car le procès de
travail est dominé par le procès de valorisation,
parce que la réalisation même du travail c'est
sa négation comme activité, de laquelle ce qui
reste est le travail chosifié. Plus encore, le travail
s'est tellement émancipé, qu'il opprime celui
qui le réalise, et que loin de représenter le
pouvoir de la classe qui durant des générations
laisse sa vie en lui, il est aujourd'hui en tant que travail
mort, la puissance émancipée dont se sert la classe
ennemie pour perpétuer l'exploitation. Ce qu'il faut
revendiquer, ce n'est donc pas l'émancipation du travail.
Il faut s'émanciper du travail! Dans la première
conception, le travail est le sujet qui s'émancipe, dans
notre conception, c'est l'homme qui s'émancipe du travail.
11. Taylor fut un bourgeois extrêmement lucide de ses
intérêts de classe, qui pour comprendre tous les
subterfuges que notre classe utilise pour travailler le moins
possible se mit à travailler comme ouvrier un bon moment,
sur base de quoi il a élaboré un série
de normes pour éliminer les "temps morts".
Sa science consiste à contrôler les temps et les
mouvements, pour rendre scientifique l'administration du travail,
pour promouvoir des méthodes de "rétribution"
des travailleurs qui conduisent à exacerber la concurrence
qui se joue entre eux, pour que ne restent plus que les travailleurs,
et que les "fainéants" soient obligés
de chercher du travail autre part, etc.
12. "Apprendre à travailler, c'est là la
tâche que le pouvoir des soviets doit exposer au peuple
dans toute son ampleur. Le dernier mot du capitalisme à
ce sujet c'est le système Taylor, qui lie tous les progrès
du capitalisme, la cruauté raffinée de l'exploitation
bourgeoise avec les conquêtes scientifiques les plus précieuses
(pour Lénine comme pour tout matérialiste vulgaire
la science est neutre -NDLR) en ce qui concerne l'analyse des
mouvements mécaniques dans le travail, la suppression
des mouvements superflus et malhabiles, l'introduction des meilleurs
systèmes de comptabilité et de contrôle,
etc. La République des Soviets doit faire siennes, coûte
que coûte, les conquêtes les plus précieuses
de la science et de la technique dans ce domaine. Nous pourrons
réaliser le socialisme justement dans la mesure où
nous serons capables de combiner le pouvoir des soviets et le
système soviétique de gestion avec les plus récents
progrès du capitalisme. Il est nécessaire d'organiser
en Russie l'étude et l'enseignement du système
Taylor, son expérimentation et son adaptation systématiques."
(Lénine in "Les tâches immédiates du
pouvoir soviétique" - 1918)
13. Le nom vient d'un mineur stalinien célèbre
pour sa capacité physique, comme bête humaine,
à travailler dans le même temps beaucoup plus que
ses "camarades" (à supposer que ceux-ci le
considéraient comme tel) de travail et que le stalinisme
a adopté comme un héros, un exemple. En réalité
le capitalisme n'a pas d'autre idéal de l'homme travailleur
que les Stakhanov.
14. Adolf Hitler - "Mein Kampf". Hitler ajoute que
c'est "le point programmatique le plus important".
15. Konstantin Hierl, chef du service du travail des nazis.
16. Il est évident que toute la bourgeoisie fait l'apologie
du travail, mais nous prenons ici les secteurs les plus représentatifs
de cette apologie faite par le Capital, les gouvernements et
partis où le travail et les "héros du travail"
furent au centre de toute la politique économique et
sociale.
17. Cité de David Schoenbaum in "La Révolution
Brune", (pp 51 et 52).
18. Il faut tenir en compte que l'internement massif des travailleurs
dans les camps s'est fait au vu et au su de la bourgeoisie mondiale,
et que les organisations bourgeoises, juives y compris, ne manquèrent
pas pour contribuer à cette entreprise criminelle.
19. Reproduit sur des tracts de la CEDADE, organisation nazie
de Barcelone.
20. Journaux officiels respectivement du "socialisme réalisé"
à Cuba, et "en voie de réalisation"
au Nicaragua.
21. Il n'y a pas de doute que c'est précisément
ce terrain du "concret", du "particulier",
"de la solution du problème de chacun" qui
se prête le mieux à la démagogie officielle
et au mensonge généralisé sur lesquels
un régime fonde sa propagande.
22. Voir le livre précédemment cité (pp
84 et 85). Ceci est anecdotique et il pourrait paraître
absurde de l'inclure ici. Cependant, tant par leur forme que
par leur contenu, le lecteur reconnaîtra dans les "exemples
concrets de socialisme" plus d'un discours de ses ennemis.
23. ibid.
24. Nous ne résistons pas au plaisir de soumettre au
lecteur deux citations illustrant la croustillante similitude
existant entre l'apologie stalinienne et l'éloge nazie
de la culture:
"La culture est l'expression la plus haute des forces créatrices
d'un peuple. C'est l'artiste qui est l'interprète inspiré
de cette culture. Il serait insensé de croire que sa
mission divine peut s'accomplir en dehors du peuple. Il n'existe
qu'en fonction du peuple, et l'énergie nécessaire
à son existence provient du peuple."
-Goebbels, in Discours à l'inauguration de la Chambre
Nationale de la Culture - 1933-
"Notre culture est une culture populaire. Les travailleurs
culturels doivent servir le peuple avec le plus grand dévouement;
ils doivent se lier aux masses et non se couper d'elles. Pour
établir une liaison avec les masses, nous devons nous
conformer à leurs besoins, à leurs désirs."
-Mao Ze Dong, in Le Front Uni dans le travail culturel - 1944-
25. Schoenbaum, ibid (p 84).
26. Schoenbaum, ibid.
27. Tract du CEDADE.
28. Schoenbaum, ibid (p 88).
29. Si certains régimes ne sont pas un exemple ici, comme
le castrisme, cela est dû au fait que Fidel Castro, au
contraire de Hitler, provient de la haute bourgeoisie cubaine,
et que dès lors il préfère se taire. Ce
qui est sûr c'est que chaque fois qu'elle le peut la bourgeoisie
ne perd pas l'opportunité d'embrouiller les choses, en
faisant briller l'extraction, l'origine, de classe comme si
elle était la garantie de quelque chose. En réalité,
comme le montre l'exemple Hitler-Castro (et comme on peut en
trouver des centaines d'autres) ce n'est pas l'extraction de
classe qui est décisive, mais la pratique réelle
en faveur ou contre le régime d'esclavage salarié.
30. Discours tenu à l'usine Siemens en novembre 1933.
31. "De fait le "programme de socialisation"
que les social-démocrates n'osèrent jamais réaliser
quand ils détenaient le pouvoir, fut réalisé
en grande partie par les fascistes. De la même manière
que les revendications de la bourgeoisie allemande ne furent
pas satisfaites en 1848, mais après, par la contre-révolution
qui suivit, le programme de la social-démocratie fut
accompli par Hitler. En effet, c'est Hitler, et non la social-démocratie,
qui a proclamé le 1er mai jour férié, et
de manière générale il suffit de comparer
ce que les socialistes disaient vouloir réaliser, mais
qu'ils ne réalisèrent jamais, avec la politique
pratiquée en Allemagne à partir de 1933, pour
se rendre compte que Hitler a réellement accompli le
programme de la social-démocratie sans recourir à
ses services." (Paul Mattick in "Intégration
capitaliste et rupture ouvrière")
32. Voir à ce sujet notre organe central en espagnol:
Comunismo No.8.
33. Le régime militaire en Uruguay qui a construit le
pire de ces camps de concentration sous le nom de "Liberté",
n'a pas non plus dépassé le nazisme en cynisme.
34. Schoenbaum, (p 109); les mots soulignés le sont par
notre rédaction.
35. Avec les révolutions industrielles postérieures
à la "seconde" guerre mondiale, la force physique
du travailleur est aujourd'hui beaucoup moins importante, et
peu à peu l'image du travailleur, modèle chez
les fascistes et socialistes nationaux actuels, s'est adaptée
à cette évolution, incorporant un type plus commun
d'homme et de femme.
36. Déclaration d'Adolf Hitler citée par la CEDADE.
37. Ces paquebots touristiques servirent au transport de troupes
et les Volkswagens servirent de véhicules militaires
pour tout usage. Idem pour les autoroutes qui ont été
les premières au monde et qui ont servi pour le transport
de troupes et de blindés.
38. Le gouvernement socialiste français a considéré,
dans les années '80, comme une originalité la
création d'un véritable ministère du temps
libre!
39. Les citations de Ley sont extraites du livre de Schoenbaum
(pp 132, 133, 134).
40. Schoenbaum ibid, (p 134).
41. Quand elle se transforme en action d'une usine entière
c'est déjà un fait exceptionnel (comme cela s'est
passé plusieurs fois), quand elle dépasse ces
barrières et s'étend à toute la société,
la révolution ne peut plus être entravée.

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