| |
Comité
de Solidarité avec Euskal Herria de Paris
c/o KEH
10 rue de Panama
75018 Paris
lj.keh@caramail.com
Paris, le 27 décembre 2001.
APPEL A LA SOLIDARITE ET A LA MOBILISATION
Kepa Pedro Mugica Garmendia risque d'être expulsé
dans la plus totale illégalité par l'Etat français
le 30 décembre prochain. Il pourrait être remis aux
mains de la police espagnole qui continue de torturer en tout impunité.
Nous attirons votre attention sur la situation de Kepa Pedro Mugica
Garmendia, prisonnier politique basque, qui finira de purger sa
peine le 30 décembre prochain. Marié à une
ressortissante française et père d'une petite fille
née en septembre 2001, il a vécu 25 ans sur le territoire
français, étant considéré comme réfugié
politique jusqu'en 1979. Cette année-là, les autorités
françaises décidèrent de ne plus accorder ce
statut aux réfugiés basques. Condamné en 1998
à dix ans d'emprisonnement et à une interdiction définitive
du territoire français pour son appartenance au mouvement
de libération nationale basque, appartenance qu'il revendique,
il est de plus frappé par un avis d'expulsion favorable rendu
par la commission d'expulsion de Tarbes depuis le 20 septembre 2001.
L'Etat espagnol n'a fait aucune demande d'extradition à
son encontre, ce qui signifie que rien ne lui est reproché
dans cet Etat. Cependant, tout laisse craindre qu'il sera néanmoins
expulsé vers l'Espagne, et ce dans la plus totale illégalité
puisqu'une personne frappée d'une mesure d'expulsion doit
pouvoir choisir librement le pays dans lequel elle sera expulsée.
Si nous pensons qu'il sera remis aux mains de la police espagnole,
c'est parce que cette pratique est systématique depuis des
années, pratique due à des accords officieux passés
entre les Etats espagnol et français au mépris de
leurs propres lois. Cette pratique a été jugée
nulle par le tribunal administratif de Paris le 7 juillet 1995,
jurisprudence qui a été confirmée à
plusieurs reprises.
Le risque encouru par Kepa Pedro Mugica Garmendia est grand car
dans la quasi totalité des cas similaires déjà
observés, les personnes remises aux mains de la police espagnole
ont été sauvagement torturées au cours des
interrogatoires qu'elles ont subis, mises au secret pendant cinq
jours, et généralement laissées en liberté
après cette période puisque rien ne leur était
reproché. Cela est régulièrement dénoncé
par des associations comme Amnesty International. Soulignons aussi
que Kepa Pedro Mugica Garmendia a déjà été
torturé en 1974 et 1975 par cette même police espagnole,
puis laissé en liberté. C'est pourquoi il s'était
réfugié en France en 1976.
Nous appelons à la mobilisation pour que le cas de Kepa
Pedro Mugica Garmendia ne soit pas passé sous silence, et
nous vous demandons de rester attentif au traitement que lui réservera
l'Etat français à l'issue de sa peine, le 30 décembre
2001.
Signataires :
Organisations : Comité de Solidarité avec Euskal
Herria de Paris, Lokarria, Vlaamse Liga voor Mensenrechten (Ligue
Flamande des Droits de l'Homme), CARB (Coordination Anti-Répressive
de Bretagne), NLPF (Collectif Ne Laissons Pas Faire), Comité
contre l'Extradition de Petra Elser (Cologne), CAR-section Marseille
(Coordination Anti-Répressive de Corse), Askapena (association
basque de solidarité avec les peuples), Réseau No
Pasaran, Skoazell Vreizh (Secours Breton), Congrès mondial
amazigh (CMA),
Personnalités : Koldo Gorostiaga (parlementaire européen),
Hervé Delouche (éditeur), Annig Lagadec (journaliste),
Gilles Perrault (écrivain), Didier Rouget (avocat), Catherine
Vieu-Charier (élue PC XX°), Jean-François Fontana
(Sud-Education), Jacques Gaillot (évêque de Partenia),
Iviu Loviconi (président de ACCES, Associu Corsu Culturale
Economicu è Suciale), Fabienne Maestracci (écrivaine),
Henri Alleg (écrivain), Joan-Pere Pujol (écrivain
et président du cercle Alfons Mias), Per Loquet (président
de Skoazell Vreizh), Anto Simonpoli (webmaster du site Libertà),
Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon (prisonnières
politiques), Maurice Rasjfus (historien), Gérard Delteil
(écrivain), Arthur McCaigh (cinéaste)
|