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  Le prisonnier politique basque Kepa Mugica Garmendia a été reconduit à la frontière catalane-
Comité de Solidarité avec Euskal Herria de Paris
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75018 Paris

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Paris, le 4 janvier 2002

Le prisonnier politique basque Kepa Mugica Garmendia a été reconduit à la frontière catalane de Port Boue le 29 décembre 2001. Nous vous avions mis au courant de sa situation au cours du mois de décembre, car nous redoutions que la police française ne le remette aux mains de ses homologues espagnols, comme c'est généralement le cas, avec tous les risques de tortures et de mauvais traitements que cela implique.

Extrait de la prison de Fresnes le 28 décembre à 23 h 30, il a été transporté en ambulance étant donné son état physique : il avait perdu 12 kilos à la suite de la grève de la faim qu'il menait pour éviter d'éventuelles tortures.

Finalement, la police espagnole l'a laissé en liberté, et il a donc pu retrouver sa famille qui l'attendait sur les lieux. La police française n'avait pas informé par quel poste Kepa passerait la frontière, obligeant ainsi ses proches et amis à se répartir sur plusieurs postes pour être sûrs de le trouver et de pouvoir ainsi l'accueillir. Il est maintenant retourné dans son village d'origine, mais ne peut rejoindre sa femme et sa fille qui vivent en Pays basque Nord.

Si nous nous réjouissons de ce dénouement, nous restons cependant attentifs à sa situation, car nous gardons en mémoire l'histoire d'Iratxe Sorzabal. Comme Kepa, elle avait été expulsée vers l'Espagne et laissée libre à la frontière. Ce n'est qu'un an plus tard que la police espagnole était venue l'arrêter, et l'avait sauvagement torturée pendant cinq longs jours. Au bout du compte, le juge d'instruction n'a retenu aucune charge contre elle.

Au-delà de ce risque qui reste bien présent, nous tenons à condamner une nouvelle fois l'attitude du gouvernement français qui a une fois de plus agi en totale illégalité : en cas d'expulsion, la personne concernée doit pouvoir choisir le pays de destination, ce qui n'a pas été le cas pour Kepa. C'est seulement en cas d'extradition que des prisonniers peuvent être remis aux mains d'une justice étrangère, après examen par une cour spécialisée.

L'Etat français montre à nouveau qu'il ne respecte pas ses propres lois, et cela malgré les nombreuses dénonciations et protestations qui surgissent chaque année de la part d'associations, d'organismes indépendants et de personnalités intellectuelles ou politiques.

Nous restons maintenant vigilants quant à l'attitude de l'Etat espagnol vis-à-vis de Kepa, militant contre lequel aucun acte n'est reproché puisqu'aucune demande d'extradition n'a été formulée à son encontre au cours des nombreuses années qu'il a passées incarcéré en France.

Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes et toutes les organisations qui ont bien voulu s'associer à notre appel, qui sont restées et qui restent encore attentives à la situation de Kepa, intervenant à leur niveau de la meilleure manière possible.

 

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