"LE LION NE REMORQUERA PLUS LA BOURRIQUE" ( P-Olivier LISSAGARAY )  
    




 

Ah, c'qui fait bon à se congratuler

C'était le 6 octobre 2001.
20 ans d'abolition de la peine de mort étaient dûment célébrés.
La Ministre de la Justice se saisissait de l'occasion pour mettre l'accent sur une proposition. L'application des peines dans la "patrie des Droits de l'Homme" serait en passe d'intégrer que certains états de santé sont incompatibles avec la détention.
Suis-je de mauvaise foi en considérant cet effet d'annonce comme une cerise sur le gâteau d'anniversaire de Badinter?
Repu de bonne conscience tandis que s'alourdissaient les peines, que croissaient les peines incompressibles, qu'augmentaient les prononcés de sûreté et de perpétuité, "l'honneur de la gauche" s'indigna finalement pour Papon.
Marilyse Lebranchu est moins sélective et, surtout, elle est plus cohérente : l'état français est un des rares Etats de l'Union Européenne ne disposant d'aucun texte pour les condamnés dont l'état de santé est devenu incompatible avec la détention.

Un constat demeure, si on avait pris pour argent comptant les intentions affichées en novembre 2000 par Jospin concernant cette réforme de la loi pénitentiaire, le projet présenté en juillet 2001 est, au mieux, décevant. Entre déclarations de principe et allusions pieuses au droit européen, il ne se démarque pas des antiennes sécuritaires. Une énumération des "droits fondamentaux de la personne détenue" voile hypocritement la misère politique de cette gestion. Faut-il s'en étonner?
Guère si l'on considère la croissance des discours alarmistes sur la sécurité au fil des premiers échauffements de la joute électorale.
Historiens, sociologues, chercheurs en sciences politiques, ..., nombreux sont ceux qui relativisent ces annonces récurrentes d'une "hausse de l'insécurité".
Requalifications des infractions, réorganisation des services sociaux et policiers, évolution des priorités gouvernementales, ... autant de critères variables modifiant les données.
Dans le même temps, si les "affaires" où sont impliqués des responsables politiques et économiques font brièvement la Une, leurs coût sociaux ne sauraient être comptabilisés dans le développement du "sentiment d'insécurité" dont nous matraquent les médias bien pensants.
Un certain Jacques Julliard, bel exemple de la reconversion de certains ex-soixantehuitards, a théorisé cette réalité sociale et politique, c'est "le paradoxe du monde moderne: plus une société se libère des contraintes et contrôles sociaux, ce qui est en soi une bonne chose, plus elle a besoin de flics pour subsister. Les sociétés de demain seront libertaro-policières."
Tous les ans, les rapports de politique pénale constatent la même réalité : de nombreuses formes de délinquance, telles les délinquances économique, financière, environnementale ou les infractions sur la législation du travail sont sous réprimées par les parquets. Pas de bonne surprise, cette "libération des contraintes et contrôles sociaux" est tout aussi unilatérale que la liberté en régime capitaliste.

La pénalisation de la précarité comme instrument d'une réaction raciale et sociale sans précédent(1) est la marque de ce vent punitif venu des USA depuis une bonne décennie. L'observation comparative(2) montre en effet qu'il existe un lien étroit entre, d'un côté, la montée du néolibéralisme comme idéologie et pratique gouvernementale mandatant la soumission au marché et la célébration de la "responsabilité individuelle" dans tous les domaines, et, de l'autre, le déploiement et la diffusion des politiques sécuritaires actives et ultra-punitives(1). D'autre part, moins les partis politiques de l'alternance "droite/gauche" se différencient en matière de projets sociaux, plus se déploie la surenchère autour des "violences urbaines "(3).

L'ambiance suite aux attentats du 11 septembre a incontestablement donné un coup d'accélérateur aux mesures répressives.
Pour autant, la floraison d'idées en la matière n'a rien d'une génération spontanée. Et moins que les autres celles visant la répression des antagonismes sociaux.
"L'hypothèse de l'existence très concrète d'un modèle de maintien de l'ordre à l'échelle européenne, au delà des clivages politiques des différents gouvernements de l'Union Européenne(4) est tout ce qu'il y a de réaliste.
Le 28 mai 1998, le Conseil des ministres de l'intérieur de l'Union européenne a adopté un programme d'action commune concernant la coopération en matière d'ordre public et de sécurité. Ce modèle se fonde sur le concept de "prévention des conflits" Mais qu'est ce que le conflit? C'est un acte contraire à la perception de la normalité par l'opinion publique et qui a un effet potentiellement défavorable sur le statu quo, répondent les policiers européens(4) . "L'opinion publique", ce sont, chacun le sait, les médias, ceux télévisuels notamment; la vertu auto-réalisante de certaines affirmations n'étant plus à démontrer! Quant au statu quo, est-il besoin de dire qui il sert?
Cela a certes tenu aux circonstances que le nouveau paquet répressif, présenté le 31 octobre à l'Assemblée Nationale, combine répression sur le mode de la "tolérance zéro" et "mesures anti-terroristes".
Pour autant, l'occasion fit le larron: les Etats de la "coalition contre la terreur" attendaient l'arme au pied de pouvoir cibler les contrevenants à la "paix sociale", autre nom du statu quo.

Dans l'état espagnol, c'est depuis l'automne 2000 qu'était en discussion un paquet législatif renforçant considérablement l'arsenal répressif contre les expressions de solidarité à l'égard de certaines luttes, notamment celle du peuple basque ou contre les Quartiers d'Isolement locaux, les FIES(5).
Le 18 octobre, dans une Italie pourtant bien pourvue en prétextes à répressions exemplaires(6), quelques décrets assouplissaient encore les modalités du soupçon. En RFA, Schily se saisissait de l'opportunité pour amoindrir la séparation entre services secrets et police, très délimitée dans la constitution allemande, mieux quadriller la population et compléter le 129a. Depuis les années 70, en RFA, cet article vise la fondation, être membre dirigeant ou faire partie d'une organisation terroriste, la soutenir ou encore faire de la propagande pour elle.
Dans les années 70, 80 et même 90, tant qu'il y exista un mouvement anti-impérialiste, il servit sans modération(7). Schily y a désormais adjoint un 129b, Les paragraphes 129(8) et 129a valent aussi pour les associations opérant à l'étranger.
Le pré-projet était dans les tiroirs du Ministère fédéral de la justice depuis 1999, l'initiative en revient au conseil des ministres de l'intérieur et de la justice de l'U.E en 1998.

Le 28 décembre, était adopté une liste des organisations relevant d'un mandat "anti-terroriste" européen. Pour autant que les opposants à la globalisation ou les syndicalistes ne sont pas censés être concernés, chacun peut constater combien la définition juridique du terrorisme souffre d'une grave déficience de sens. Selon la définition en cours pour les pays de l'U.E disposant déjà de cette qualification, celui qui intimide la population, contraint un gouvernement et une administration et veut détruire les infrastructures d'un pays doit pouvoir être poursuivi en tant que terroriste.
Question: qu'est-ce qui intimide?
Les procédures disciplinaires à l'égard d'enseignants qui avaient fait la fine bouche devant le déferlement des "nous sommes tous américains"(9)? Les éditoriaux comminatoires ayant succédé au 11 septembre?
Que veut dire contraindre un gouvernement et une administration?
Contraindre ceux-là certes, mais contraindre une population, des travailleurs?
À quoi faire?
A qui s'adressent les menaces du MEDEF lors de chaque négociation sociale?
Quelles infrastructures détruisent les dévastations dues à l'explosion de l'usine AZF à Toulouse? Est-ce que les patrons et actionnaires des entreprises s'étant partagés le service ferroviaire britannique ont bel et bien voulu le détruire?

Plus concis, le 13 novembre, un futur ex-salarié de Moulinex donnait sa définition, "Le terrorisme, c'est avoir le CAC40 à la place du cœur".
A défaut que ce soit une question de coeur, la bourse est effectivement l'un des lieux où se commettent intimidations, contraintes et destructions.
Un PARE garantit désormais aux chômeurs et précaires qui n'avaient pas déjà disparu des statistiques, l'avenir radieux d'une prise en charge toujours plus conditionnée et surveillée.
Dans d'autres pays européens, il a d'autres noms.
L'évidence demeure, plus croît la pression pour assujettir la force de travail à la rentabilité, moins les bénéficiaires de cette même rentabilité ont de soucis à se faire quant à une surveillance de leur propre utilisation des aides sociales. Privatisant les profits, ils socialisent les pertes en toute impunité. A peine de temps à autre, lors d'un délai particulièrement court entre l'attribution de cette aide et la fermeture de telle ou telle boite, est-il brièvement question d'efforts en vain consentis par la commune, l'Etat, et les salariés pour "maintenir l'emploi". Dans le même temps où ici le MEDEF s'occupe de la "refondation sociale"(10), en Italie, la coalition entre Berlusconi et ses alliés néofascistes se préoccupe sans faux semblant de pouvoir voler, prévariquer et user de prppagande haineuse en toute liberté(11).

Autant d'insécurités gommées par les publicitaires du "sentiment d'insécurité". Vocalisant le monologue quant à la manière de s'adapter au modèle économique libéral, ils ne sauraient poser de vraies questions politiques. S'il s'agit de démagogie et populisme, c'est avant tout de la dépolitisation du monde dont il est question. A partir du moment où son interprétation oscille entre un marché deus ex machina et une comptabilité, émotionellement hiérarchisée, des victimes de ce "nouveau" moloch, seule reste la mise en scène de l'impuissance. Pour autant que cette mise en scène offre de belles opportunités aux jeux politiciens, elle promeut avant tout le renoncement à agir dans le monde. Les perdants et les vaincus ne sont plus vus que sous l'angle de la victime. Si elle est sage, elle aura éventuellement droit à la compassion humanitaire mais gare à elle si elle rompt avec cette figure à tous usages par laquelle se réalise l'union sacrée antipolitique de l'Etat et de l'opinion humanitaire (12).
A l'instar de la "bonne gouvernance" inscrite dans les critères permettant aux pays de la périphérie d'accéder à l'allégement de leur dette, la gestion est l'archétype de cette politique sans objet. Ce ne sont pas seulement les évaluations à l'aune du rendement, des bénéfices des actionnaires et de tout le fourbis managérial qui sont ici appliquées aux réalités sociales et aux sujets qui les composent. La dominance de l'idéologie gestionnaire est un mixe entre l'absence d'avenir, puisque le présent, son ordre, sa configuration du rapport entre les forces sont envisagés comme immuables, et la dictature des circonstances(13) Le gestionnaire comme nouveau totalitarisme.

Prétendre y aborder le "sens de la peine" est un non sens. Renonçant à la politique, art de l'impossible, le personnel politique mais aussi quasiment tout le complexe réflexif dans lequel il baigne ne - sauraient transformer les paramètres de ce qui est considéré possible dans la configuration existante(14).
Dans un tel espace, aucune place pour la question: à quoi sert la prison?
Ou, plus exactement, elle y est posée à partir de tabous premiers; l'exercice de la souveraineté de l'Etat sur des corps condamnés et la nature du droit issu de cet exercice sont laborieusement contournés dans des effets d'annonces humanitaires, fluctuant au gré du vent sécuritaire.
Et ce d'autant plus sûrement que l'éternel présent libertaro-policier promis par certains se mire dans la dépolitisation du monde.
Le terrain de la répression est désormais l'une des rares opportunités pour la politique politicienne.
Les "débats nationaux"" peuvent s'y déployer pour alimenter l'illusion d'espaces politiques échappant au fameux contrôle des marchés.
Alors que je termine mon propos, nous sommes en février.
Ainsi, entre temps, la loi pénitentiaire a été renvoyée à ses limbes.
Pour autant, nombre de données de la situation ne sauraient être fondamentalement changées une fois passée la foire électorale.
Juste, je fais l'impasse sur le projet présenté cet automne, sur à quel point il exprime ce mixe de concessions humanitaires et de conservation de l'objet initial de la prison: la mise au ban rigoureuse des corps détenus comme contrepartie de la rupture irrévocable avec les violences et les supplices -ainsi une transition vers d'autres violences et supplices;
un objet lui-même inséparable de son intention: produire la terreur et l'effroi.
Sur cette approche, je recommande le livre d'Alain Brossat.
Si je ne partage pas les espérances de l'auteur dans un réveil de "la classe moyenne planétaire" à partir d'un renouvellement de la pensée de l'Etat de droit, sa lecture reste rafraîchissante, en particulier au regard de certaines réflexions anti-carcérales. .

La question des prisonniers politiques est une autre facette de cette dominance gestionnaire.
Mise cul par dessus tête, l'appréhension du monde est engluée entre domination absolue de la marchandise" et imprégnation de l'idéologie dominante, fausse conscience reflétant les conditions sociales. Les perdants et les vaincus seraient condamnés à penser dans les catégories des exploiteurs.
Sur l'élan de cet idéal gestionnaire, la loi, inscription s'il en est du rapport de force en faveur de la bourgeoisie, est sacralisée.
Non qu'il faille s'étonner de ce que les dominants, la bourgeoisie, son Etat et leurs pourvoyeurs idéologiques, stigmatisent ceux mettant en cause leur monopole sur nos vies et avenirs. Pour autant, cette négation "naturelle" se double désormais d'une atrophie de la pensée et l'agir critiques.
Dans le même mouvement où ceux et celles qui aspirent à bouleverser cette domination sont ligotés dans les carcans du permis par ceux-là mêmes qu'ils prétendre combattre, est aboli (auto-aboli) de pouvoir choisir la manière de rendre compte du réel.
Ainsi non seulement la réalité présente est assurée définitive mais sa description est unilatérale.
Or, la réalité du prisonnier politique intei~oge le carcan ""indépassable".
Le prisonnier politique est sorti du cadre de la contestation autorisée et il interroge la fausse coïncidence entre légalité et légitimité(15). La violence du système étant devenue transparente(16), sa revendication d'un usage de la contre-violence rompt les logiques mortifères de cette gestion. Ainsi, la question des prisonniers politiques est un outil dans la lutte, une composante du mouvement révolutionnaire si celui:ei existe. Mais si tel n'est pas le cas, elle est au moins un moyen d'appuyer sur la contradiction démocratique. C'est au nom de ce processus d'auto-légitimation permanente que l'exception se déploie autour du prisonnier politique. Ainsi cette exception est simultanément l'aboutissement de l'exercice souverain qu'est insécablement la prison et la limite de la prétention à un "État de droit" idéal dont sont empuanties les propagandes des forces politiques de ce pays.

Si les indignations et les dénonciations qui ne contredisent pas le système ne servent à rien, ce n'est pas l'aspiration démocratique qui est condamnée à l'alimenter.
La question est seulement de savoir si elle contient ou non d'élaborer un monde et des sociétés à la mesure des besoins.

Joëlle Aubron, prisonnière d'Action Directe, 4 février 2002

1. Interview avec Loic Wacquant
2. cf. "Les prisons de la misère" de Loïc Wacquant
3. Le développement dur département "Violences urbaines" chez les R.G au début des années 90 en dit long sur ce basculement des interprétations et représentations où la négation de la violence sociale (celle issue du développement capitaliste lui-même donc) se cristallise en un corpus dépolitisant. Indifféremment employé au singulier ou au pluriel, ce 'concept" est censé recouvrir et globaliser un ensemble de comportements et Jactes selon le "qui vole un ceuf, vole un bceuf' (du graffiti à la violence physique exercée contre un bers). II part du constat du désengagement social de l'Etat (espaces de relégation sociale et économique, taux de chômage élevés, raréfaction des services publics, ...) pour mieux ressusciter la condamnation morale dune "pauvreté, mère de tous les vices' dans laquelle se pavanait la bourgeoisie du XIX'

4. Christophe Soulié, dans la tribune de la Lettre du cercle Gramsci n'96, septembre 2001

5.Certes, en ce qui concerne Euskal Henia, le fameux juge Garzôn ne fut jamais gêné pour arrêter les membres, détruire, interdire des associations et structures assumant publiquement et légalement la revendication indépendantiste: de la Mesa National dH.B à Gestora pro Amnistia en passant par le quotidien Egin ou l'association d'alphabétisation en basque des adultes AEK. Pour autant, que ce soit pour la Mesa National, Egin ou encore l'AEK et EKIN, les accusations de Garzôn ont échoué par manque de preuves. Avec le nouveau paquet de lois et sa terminologie anti-terroriste (floue par excellence comme le font encore remarquer les articles sur la définition du terrorisme du Monde Diplomatique de février 2002), les preuves liées à des faits deviennent toujours plus superfétatoires. Les conflits sociaux sont terroristes, les squats sont terroristes, ... , tout ce qui contredit la politique du Partido Popular est terroriste ou susceptible de l'être. Aznar nous avait prévenus, (Vous allons chercher les terroristes, et puis ceux qui les appuient, et puis ceux qui les soutiennent et ceux qui sympathisent avec eux, et après on verra."

6. Sans remonter au temps de la guérilla, voir les constructions dassociation subversive à but terroriste à partir de 96. Quitte à inventer de toutes pièces des sigles, ORAI, " loups gris ", la police perquisitionne et arrête dans toute l'Italie. Centres sociaux détruits, matériel d'information et informatique saisi, militants incarcérés, même si au bout du compte les montages sont trop inconsistants pour tenir juridiquement la route, le principe reste d'intimider les luttes et les solidarités: 60 inculpations pour l'ORAI, 13 condamnations pour des délits connexes, les accusations de bande armée et association subversive n'ayant pu être retenus; "seulement" 3 incarcérations pour les loups gris mais 2 des inculpés sont retrouvés pendus et le troisième condamné à 7 ans pour la détention dun feu de bengale et quelques bouteilles de combustible. La signature "Solidaria Intemazionale", revendiquant des actions de soutien à la lutte anti-carcérale et en particulier les FIES, pour réelle qu'elle soit, est le prétexte de l'heure.

7. Depuis 1976, plusieurs milliers de personnes ont été poursuivies selon le 129". Entre 1990 et 1999, nous avons un chiffre: 1362 personnes, dont certaines à plusieurs reprises. Pour grande partie des procédures, l'instruction correspondait à un soutien ou propagande. Sur ces 1362 personnes, 38 furent condamnées (un taux de 3% à comparer avec le 45% pour l'ensemble des délits). Dans son analyse critique de 1991, Rolf Gôssner résumait ainsi la chose "Pour les enquêteurs, l'important n'est pas tant que chaque procédure amène à un procès et ensuite à une condamnation; ce qui importe c'est l'enquête en elle-même."

8. Formulé comme "association criminelle" à partir des années 50, le 129 a surtout servi contre le Parti Communiste Allemand. Dans les années 90, il a notamment servi contre les Antifa de Gôttingen et Passau ou des groupes contre le transport de déchets nucléaires. Si ses conséquences sont comparables à celles du 129", quantitativement, elles restent limitées.

9. Procédures ayant eu lieu en RFA

10. Véritable machine de guerre pour abaisser toujours et encore le coût du travail à travers ses 8 chantiers couvrant tout le champ des relations professionnelles (PARE, retraites complémentaires et fonds de pension, précarité et contrat de travail limité à 5 ans, assurance maladie et CMU, réduction de la médecine du travail, amputation des indemnisations et remise en cause de la notion d'accident du travail, paritarisme de cogestion, modernisation et réorganisation de la production), elle s'inscrit dans le cours logique de la construction d'une puissante union impérialiste en Europe, sur le plan économique, social, politique et stratégique.

11. Parmi les lois, votées depuis son accession au pouvoir: Impôts de succession et sur la donation entre vifs éliminés, ceux qui avaient expatriés leurs capitaux peuvent les rapatrier sans risque cfêtre questionnés sur leur provenance, la falsification de bilan n'est plus condamnable que si elle est dommageable aux actionnaires, ... Le 28 septembre, une nouvelle série de lois empêchaient les condamnations et les poursuites sur quelques malversations connues de Bedusconi et récusaient le danger, même pour la démocratie formelle, d'avoir un chef de gouvernement, propriétaire des principaux médias du pays. Un monopole médiatique qui a déjà servi lors de la campagne électorale où les slogans racistes ont fait flores.

12. 'Pour en finir avec la prison" Alain Bordat c/o La Fabrique ,

13. La dictature des circonstances n'est pas fortuite. La mondialisation implique en effet que les comportements économiques deviennent uniformes et que, dans le même temps, nous renoncions à la politique. Sur ce point précis, il y a accord entre les dirigeants du G8 et la plupart des manifestants qui prétendent s'opposer à la mondialisation, alors qu'ils ne veulent qu'un adoucissement de la mondialisation, lui donner un visage humanitaire. Les antimondialisation oublient que le processus qui a mené à la mondialisation est le fruit de la dépolitisation du monde, (...) Hans Tietmeyer, président de la Bundesbank, aux membres du G7 (à (époque) réunis à Davos à la fin des années 90: "Les hommes politiques doivent comprendre qu'ils sont sous le contrôle des marchés, et non plus seulement des débats nationaux"" Philippe Godard dans "La crise, la guerre et la dépolitisation du monde"

14. Dans "La perfidie du sujei" de Zizek "Une vraie politique (...), cela signifie l'art de l'impossible : elle transforme précisément les paramètres de ce qui est considéré "possible" dans la configuration existante". Zizek note aussi que l'esprit d'escalier de l'histoire mondiale actuelle tient à ce que, au moment de l'économisation globale, personne ne parle de réification, personne n'interroge la violence structurelle, personne ne s'intéresse au sujet que forge, en le pressurisant, cette horreur dun monde administré. II en conclut l'urgence de parler à nouveau des conditions de production, des vraies conditions de vie et de travail.

15. Je ne reviendrai pas ici sur l'absence de projet de l'illégalisme en lui-même, je ne la mentionne que pour être bien comprise. Par ailleurs, si en certaines occasions, la revendication de nouveaux droits collectifs et sociaux peut se manifester hors du champ de la légalité, si cette revendication se borne à vouloir interroger les concepts de "citoyenneté", "souveraineté populaire", etc. dans les termes définis par la révolution bourgeoise et leur praxis depuis le XIX° siècle, en elle-même, elle ne peut pas rompre avec la nature de cette légalité, marque de la "propriété privée souveraine".

16. Voir les insécurités omises. Mais ce n'est qu'un exemple. L'État espagnol, condamné pour une trentaine dattentats sur le sol français par sa propre justice contre son immunité dans l'État français, les politiques et militaires français, complices du génocide rwandais, contre les milliers de sans papiers incarcérés, les responsables de la politique d'Elf dans la guerre au Congo Brazzaville contre les jeunes qui pètent les plombs dans les cités, ... pourraient en être quelques autres. Mais je pourrais renvoyer aussi bien au Traité de la violence que sont "La prétendue "accumulation initiale"" et "La théorie moderne de la colonisation" qui représentent la conclusion du "Procès de production du capital", objet du Livre 1 du Capital (voir la préface G. Labica à l'édition de ces deux chapitres sous le titre "L'Expropriation originelle" clo Les nuits rouges)

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