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Le Ministère de l'Environnement nous avait convié
à un débat "sans préjuges, ni tabous"
La Préfecture a confié au SPPPI l'organisation de
ce débat. Pour mieux le restreindre. Pour éviter à
tout prix les débats sur les choix de notre société
" de consommation " et plus largement sur les choix de
société. Pour se cantonner uniquement sur le débat
chimico-chimique, avec des illères. Pour éviter
de regarder en face tout ce que peut englober cette notion de risques
industriels.
Et pourtant, il est plus qu'urgent d'aborder l'ensemble de la problématique
liée aux risques multiples que nous encourons. Peut-on se
limiter à un débat sur l'industrie chimique alors
que tant de secteurs de nos activités humaines sont concernés
industrie, agriculture, construction, transports, santé,
communication, énergie ?
Peut-on se contenter de débattre des risques à l'échelle
locale, alors que la France est exposée à des risques
d'échelle régionale voire nationale du fait de la
présence de 58 réacteurs nucléaires menacés
d'un accident "improbable et inimaginable" comme celui
du 21 Septembre à Toulouse ou de celui de l'hyper-terrorisme
tel que nous l'avons découvert depuis de 11 Septembre aux
USA.
Aujourd'hui, il est de notre devoir de citoyen de réfléchir
aux mises en dangers que représentent les interactions des
choix industriels qui ont été faits uniquement pour
leur rentabilité économique immédiate.
Sans penser aux coûts et dégâts " collatéraux
".
Il est urgent de recenser les potentialités de l'ensemble
de ces " bombes " qui nous menacent à cours, moyen
et long terme.
Il nous paraît urgent de cerner les carences éthiques
des droits aux nuisances que s'accordent industriels et pouvoirs
politiques
- Quels sont les risques industriels et technologiques que nous
voulons accepter en toute connaissance de cause ?
- De quel droit grevons-nous l'avenir de nos descendants par notre
incapacité à régler les problèmes liés
à la gestion de nos conforts illusoires et de nos portefeuilles
boursiers?
- Quels sont nos besoins sociaux réels ? Quels impacts ont-ils
sur notre environnement?
- Pourquoi les industriels font-ils systématiquement l'impasse
sut le principe de précaution ?
- De quelles alternatives disposons-nous en moyens, en recherche,
en production ?
- Quels outils de démocratie devons-nous inventer pour répondre
à ces questions ?
- Voulons-nous une société écologique, harmonieuse,
agréable à vivre ou bien une société
sécuritaire avec un escadron de CRS équipés
de missiles Sol-Air autour de chaque site à risque ?
Nous avions de nombreuses propositions concrètes à
formuler au cours de ce débat. Mais l'ampleur des questions
soulevées ne peut être traité dans un simulacre
de débats qui ne servira qu'à exorciser les carences
et les manques de moyens de la gestion de la crise suite à
l'explosion d'AZE
Il est apparu que l'État manquait de moyens d'exception pour
répondre légalement à la catastrophe d'un site
industriel privé. Les plans d'intervention devraient disposer
de moyens équivalents à ceux mis en uvre dans
les catastrophes naturelles. Les besoins des sinistrés devraient
être traités par des moyens de réquisition élargis
et applicables sans aucun délai de latence et de négociation
: sécurisation, déblaiement, logements, main d'uvre,
entreprises, reconstruction....
Les sites touchés situés au cur de tissus urbanisés
doivent être démantelés, dépollués
et reconvertis dans des productions qui s'inscrivent réellement
dans la perspective du développement durable, pas celui des
profits à tout prix et de la pollution aveugle.
Un projet pour Toulouse et un référendum
Les Amis de la Terre de Midi-Pyrénées ont choisi
d'inscrire leur réflexion dans cette voie. Lors de leur Assemblée
Générale du 17 Novembre dernier, ils ont voté
à l'unanimité :
- Pour la fermeture définitive du pôle chimique de
Toulouse
- Pour le démantèlement complet du site
- Pour sa dépollution totale dans la transparence absolue
du déroulement des opérations.
- Pour sa reconversion (après sa dépollution) en une
Cité du Développement Durable.
Le temps du démantèlement et de la dépollution
va nous laisser plusieurs années pour imaginer un nouvel
urbanisme. Toutes les notions telles que le " principe de précaution
" et le Développement Durable dans le respect de la
biodiversité seront mises en perspectives.
Tournée vers le Sud, et arrosée par tous les ruisseaux
des Pyrénées cette cité va jeter les ponts
vers l'Espagne et l'Afrique pour de nouveaux échanges Nord-Sud.
Tout d'abord elle va régénérer ses espaces
verts et fluviaux. La Garonne ne doit plus traverser Toulouse chargée
de toutes les nuisances de ce pôle chimique.
Toutes les constructions seront bioclimatiques et totalement recyclables
et non polluantes (refus de mise en danger des équilibres
environnementaux et des risques épidémiologiques)
Tous les déchets seront triés, retraités et
valorisés.
Le site utilisera toutes les formes optimales des Énergies
renouvelables et propres : la cogénération, l'hydraulique,
le solaire, la biomasse, l'éolien... qui permettent dès
aujourd'hui d'être autonome et d'écarter les dangers
du nucléaire. Un réseau de transport en commun permettra
tous les déplacements non polluants.
Une Faculté des Sciences de L'Environnement travaillera en
synergie avec des entreprises de productions alternatives pour répondre
aux besoins de produits et d'emplois utiles... Nous souhaitons que
des concours d'idées enrichissent ce projet qui doit s'inscrire,
sans aucune précipitation, dans la durée.
Un référendum d'initiative locale à l'échelle
de l'ensemble des agglomérations toulousaines devra valider
ces choix par l'expression d'une réelle citoyenneté
participative.
Alain Ciekanski
Vice-président des Amis de la Terre de Midi -Pyrénées.
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